Vendredi 21 Novembre 2008
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MAILLAGE TERRITORIAL DES ENTREPRISES ET ELABORATION DU PROJET STRATEGIQUE POUR L’EMPLOI DU BASSIN D’EMPLOI SUD VAL-DE-MARNAIS


Contexte :
Les résultats du diagnostic du MIN de Rungis, ont permis d'identifier une problématique de l'emploi et de la formation qui intéresse tout le bassin d'emploi du Sud Val-de-Marnais.

C'est pourquoi, compte-tenu des travaux et actions réalisés par le CBE, l'ensemble du territoire a fait l'objet d'une demande de financement FSE objectif 3 (mesure 10 a) en 2002 visant à mettre en œuvre un processus de maillage territorial des entreprises et une stratégie territoriale en faveur de l'emploi.
Cet ancrage territorial passe indéniablement par une meilleure connaissance des 80% des établissements de moins de 10 salariés que compte le bassin. La maîtrise de leur stratégie de développement doit permettre aux acteurs locaux d'accompagner la structuration du maillage du territoire autour d'une chaîne de compétences (commerce de gros produits frais, logistique et transport, industrie agro-alimentaire).
L'impact escompté en terme d'emplois de cette initiative réside dans sa logique de dynamisation des PME-PMI locales garantes du développement de l'emploi et des compétences sur le bassin.

Cette stratégie territoriale traduit :
  • La volonté des élus et des acteurs locaux d'articuler développement économique et développement de l'emploi
  • De veiller à l'articulation et à la cohérence des initiatives territoriales entre elles lors de l'élaboration de ce projet stratégique.


Les objectifs
Avoir une meilleure connaissance et dynamiser le tissu des PME-PMI du bassin afin de :
  • Promouvoir un développement harmonieux et durable du territoire
  • Identifier les potentialités d’ancrage territorial du développement économique
  • Soutenir les synergies interentreprises en développant la sous-traitance territoriale tout en favorisant la création d’emploi
  • Favoriser le développement de la formation et des compétences


Les divers volets de cette étude :
Volet I) Structuration du partenariat autour de la démarche
Volet II) Construction d’une vision partagée des forces/faiblesses/opportunités/menaces du Bassin Sud Val-de-Marnais
Volet III) Vers un maillage territorial des entreprises du bassin
Les objectifs de ce volet étaient de :
  • identifier le réseau de valeur des entreprises du territoire
  • identifier les besoins des entreprises en terme d’emploi, de formation, des métiers et de développement de l’activité
  • identifier les opportunités de maillage interentreprises et les pistes d’accompagnement de la territorialisation de la coopération interentreprises



Quelques résultats de l’étude réalisée courant 2002-2003 :


Caractéristiques du territoire : Si la présence d’importantes infrastructures constitue un atout majeur pour le CBE, elles ne suffisent pas à elles seules pour donner une vocation logistique majeure au territoire.
Par contre, l’existence d’installations d’envergure régionale et nationale, connectées à ces infrastructures, lui donne à l’évidence une vocation logistique.

Le CBE est structuré autour de deux pôles majeurs :
  • L’aéroport d’Orly est le deuxième aéroport français avec 215 566 mouvements d’avions et un peu plus de 23 millions de passagers pour l ’année 2001. Il couvre une superficie de 1 530 ha et se situe à cheval sur les départements de l’Essonne (5 communes d’emprise) et du Val de Marne (4 communes d’emprise). L’aéroport est une « Porte ouverte vers le sud » : il relie le Maghreb, l’Europe méridionale et les DOM-TOM.
  • Le MIN de RUNGIS constitue la première concentration logistique nationale de produits frais En service depuis 1962, le MIN de Rungis structure non seulement la distribution au niveau régional, mais également le secteur au niveau national.

Ces deux pôles ont induit le développement de zones d’activités à vocation logistique. Il s’agit de SOGARIS, centre routier qui offre plus de 200 000 m² de surface d’entreposage, et aussi des zones SILIC et SENIA, au contenu plus diversifié, mais dont le développement est corrélé à celui des deux pôles.
Si les deux pôles Orly et Rungis sont bien desservis, ils le sont moins pour les demandeurs d’emploi de la zone qui empruntent les transports en commun. L’exploitation de ces deux pôles structurants de la zone pour une meilleure adéquation entre les potentialités de développement de l’emploi sur le territoire, passe indéniablement par le désenclavement de ces deux pôles.Des initiatives départementales (prolongement du TVM), et territoriales (location de voitures) sont en cours pour remédier à cette faiblesse.

On remarque à l’échelle communale, l’extrême fragilité du tissu d’établissements de petite taille En revanche, les établissements de tailles intermédiaires connaissent des situations intercommunales plutôt à la hausse : seules Thiais et Rungis voient leurs établissements de 10 à 49 salariés diminuer et aucune commune ne demeure frappée par la réduction du nombre de ses établissements de 50 à 199 salariés. En ce qui concerne les établissements de plus de 200 salariés, la situation intercommunale demeure assez contrastée : Thiais et L’Hay-les-Roses gagnent des établissements, et Orly, Rungis voient leur nombre diminuer.

L’emploi salarié du CBE a fortement diminué entre 1993 et 2001 (- 6 %) alors qu’il tendait à croître de 8 % dans le Val de Marne et de 18 % en France. Beaucoup plus pénalisé durant la phase de récession de 1993-1997 (- 15,8 %) que le Val de Marne (- 3,9 %), le CBE, malgré une phase de croissance intense entre 1997 et 2001 (+ 11,8 %) n’a pas pu compenser les pertes du début de période.


L’analyse au niveau communal de la croissance de l’emploi salarié du CBE entre 1993 et 2001 donne une toute autre image de la situation. On remarquera que seule Orly (- 40 %) a connu une régression de ses effectifs salariés sur la période et pénalise ainsi les performances globales du CBE. Fresnes, Thiais et L’Hay-les-Roses connaissent toutes les trois des taux de croissance à deux chiffres de leurs effectifs.
En 2001, le CBE, comme le Val de Marne, concentre, comparé à la France, une proportion très importante d’emplois Tertiaires (80 %) en raison notamment d’une surreprésentation des emplois de Commerce (33 % contre 23 % pour le département) qui compensent la faiblesse relative des emplois de Services comparée au Val de Marne (43 % pour le CBE contre 49 % pour le Val de Marne).


L’indice de spécialisation permet de mesurer le degré de spécialisation du CBE par grands types de secteurs comparé à la France. Trois faits marquants peuvent être relevés :
  • une spécialisation relativement élevée dans le secteur tertiaire (indice de 123) qui s’accroît de 9 points en 2001 comparée à 1993 et demeure très nettement le fait du secteur Commerce (indice de 179 en 2001) ;
  • une spécialisation très élevée dans le secteur des Transports (159 en 2001) qui s’est réduite sur la période dans des proportions considérables (indice de 578 en 1993) du fait notamment du déclin de l’aéroport d’Orly ;
  • une très nette sous-spécialisation dans le secteur de l’Industrie (indice de 37) qui tend à stagner entre 1993 et 2001.


Les secteurs d’activités du CBE – à l’exception du sous-secteur des Services en forte progression – connaissent une régression assez importante de leurs effectifs salariés.
Le secteur du Transport notamment se singularise par l’intensité de la régression de ses effectifs (-72 % entre 1993 et 2001 soit une perte de plus de 7000 emplois).
L’évolution du nombre de salariés agricoles en revanche est marginale : elle ne concerne « seulement » que 10 emplois.

Les activités relatives au Commerce de gros – notamment dans l’Industrie Agroalimentaire sont très fortement implantées sur le territoire. Avec 12 731 emplois, elles représentent 36 % de l’emploi des activités de spécialisation. Les dix secteurs d’activités relatifs au transport représentent quant eux, avec 6 033 emplois, 18 % de l’emploi des activités de spécialisation. Les secteurs relatifs à la fabrication (en vert dans le tableau) concentrent également un grand nombre d’emplois (6 033 emplois soit 18 % des emplois de haute spécialisation).
Marginalement, certaines activités de services à la personne (Commerce de détail de bricolage, Activités de nettoyage) ou aux entreprises (Restauration collective) apparaissent comme spécialisées.
On peut donc constater que le profil global de spécialisation du CBE est plutôt « bas », c'est-à-dire assez peu tourné finalement vers des activités de service de type « métropolitain ». En effet, excepté le secteur Traitement de données (291emplois), aucun secteur à forte valeur ajoutée n’émarge dans les secteurs fortement spécialisés.
Cependant, le territoire pourrait tenter de définir une stratégie de développement construite à la fois sur ses secteurs de spécialisation historiquement ancrés sur le territoire (les secteurs de l’Industrie Agro-alimentaire) et des secteurs d’activités à fort potentiel de développement et haut degré technique en créant des passerelles entre le milieu de la recherche (le secteur d’activités Recherche-développement en sciences physiques et naturelles compte 193 emplois pour un coefficient de spécialisation de 118) et les secteurs du Conseil en systèmes informatiques (647 emplois pour un coefficient de spécialisation de 142) et Traitement de données, déjà présents sur le territoire.

Les entretiens auprès des entreprises et leur intérêt d’une coopération inter-entreprises :
Les entretiens ont été conduits - outre dans le but d’obtenir un certain nombre d’informations génériques visant à fournir une présentation synthétique de l’entreprise enquêtée - sur la base de l’analyse du réseau de valeurs de l’entreprise afin de la positionner par rapport :
  • à sa clientèle ;
  • à ses fournisseurs ;
  • à ses complémentaires ;
  • à ses concurrents ;


C’est l’analyse du réseau de valeurs qui nous permettra par la suite d’identifier les potentialités de développement de coopérations inter-entreprises suivant :
.. leur nature potentielle : identifier les potentialités de collaboration entre entreprises concurrentes ou complémentaires ;
.. leur type potentiel : afin de peser sur les fournisseurs ou bien d’élargir leur clientèle ;

Sur les 35 entreprises interrogées :
.. 17 appartiennent au secteur d’activité de la logistique ;
.. 4 sont des entreprises spécialisées dans la signalétique ;
.. 4 sont des entreprises spécialisées dans la production de viande (salaison) ;
.. 3 sont des entreprises qui appartiennent au secteur automobile ;
.. et 7 appartiennent à des secteurs d’activités variés ;

Globalement, on peut constater que les entreprises interrogées demeurent plutôt bien ancrées sur le territoire. Près de 80 % des entreprises ont un ancrage territorial de fort à très fort et seulement 7, soit 20 % sont faiblement ancrés localement (implantation inférieure à 5 ans).

La situation des entreprises interrogées est globalement assez bonne. Seule une entreprise se trouve dans une situation précaire et 22 soit 63 % des entreprises interrogées profitent d’une bonne situation financière.

Question centrale compte tenu de l’objet de notre étude, nous avons cherché à savoir si les entreprises que nous avions interrogées éprouvaient un intérêt réel pour la mise en oeuvre de dispositifs de coopération inter-entreprises. Il s’avère au global que les entreprises interrogées semblent plutôt intéressées par la coopération inter-entreprises : 9 y éprouvent un intérêt fort et 7 un intérêt très fort. Seulement 5 entreprises avouent ne pas éprouver le moindre intérêt à développer des relations avec d’autres entreprises. 14 entreprises, soit tout de même 40 % de l’ensemble, estiment ne pas avoir un intérêt particulier à s’insérer dans ce type de démarche mais sans se déclarer pour autant totalement opposées à cette idée.

Nous avons également interrogé les entreprises afin de savoir quel type de partenariat elles pouvaient envisager au cas où elles voudraient s’engager dans un mouvement de coopération. A l’exception de 6 entreprises qui n’envisagent aucun type de partenariat possible, la majorité des entreprises envisagent un partenariat basé sur la complémentarité avec des entreprises (13) pour peser sur les fournisseurs et sur les clients, 11 l’envisagent sous l’angle d’un partenariat bâtit avec des entreprises complémentaires et des entreprises concurrentes et 5 dans le cadre d’une relation de complémentarité en vue de pénétrer de nouveaux marchés.

16 entreprises estiment que la coopération inter-entreprises pourraient leur permettre de faire face à la complexification de la demande et de fait de répondre à la nécessité d’intégrer leurs compétences spécifiques dans une chaîne de valeur plus complète.
  • 2 envisagent le partenariat comme un moyen pour faire pression sur les fournisseurs
  • et les 14 autres comme leur donnant des opportunités pour accroître leur clientèle

Les autres entreprises interrogées ont semblé y trouver des intérêts assez variés :
  • quatre entreprises envisagent la coopération comme une condition de leur survie ;
  • trois comme un vecteur potentiel de développement ;
  • une envisage la coopération inter-entreprises comme un moyen de diversifier sa clientèle,
  • une comme un facteur de diminution des coûts et
  • une comme propice à limiter les effets d’un turn over incessant de la main d’oeuvre ;

En revanche, quatre entreprises estiment ne pouvoir en tirer aucun bénéfice

Sur les 35 entreprises interrogées en face à face, 21, soit 60 %, ont déclaré avoir été engagées dans des actions partenariales avec d’autres entreprises.

On observera que seuls les secteurs de la Logistique (3 entreprises), de la Signalétique (2 entreprises) et Divers (2 entreprises) possèdent des entreprises très fortement intéressées par la mise en oeuvre de partenariats inter-entreprises. A contrario, seuls trois secteurs – Divers, Branche automobile et Logistique – possèdent une légère proportion d’entreprises ne manifestant aucun intérêt pour la coopération inter-entreprises. Au global, il ne semble donc pas que l’intérêt pour la coopération inter-entreprises soit fondamentalement dépendant du secteur d’appartenance des secteurs interrogés.

Nous avons également cherché à déterminer si l’intérêt potentiel que pouvaientt éprouver les entreprises interrogées pour le partenariat dépendait de leur positionnement. A priori, ce sont les entreprises en position de sous-traitant qui manifestent le plus faible intérêt pour la coopération inter-entreprises (trois entreprises sous-traitantes ont déclaré n’avoir qu’un faible intérêt contre une seule pour les entreprises intermédiaires et donneur d’ordre) et aucune d’entre elles ne présentent un intérêt très fort. A contrario, les entreprises « intermédiaires » manifestent un intérêt a priori assez élevé (6 entreprises « intermédiaires » déclarent éprouver un intérêt très fort) même si huit d’entre elles n’éprouvent qu’un intérêt modéré. L’intérêt qu’éprouve les entreprises en position de donneur d’ordre se situe plus proche de la moyenne : trois d’entre elles n’éprouvent à l’égard de la coopération inter-entreprises qu’un intérêt modéré contre 4 un intérêt fort et une seule un intérêt très fort.
Même si quelques spécificités se dessinent suivant le positionnement des entreprises, on peut une fois encore observer qu’il ne semble pas exister de loi absolue entre le positionnement des entreprises et l’intensité de leur intérêt pour le partenariat au sein de notre panel d’entreprises.

La répartition des entreprises suivant leur intérêt pour le partenariat et leur situation financière ne révèle pas non plus de récurrence particulière. Effectivement, exceptions faites des entreprises connaissant une situation financière moyenne, qui semblent avoir une plus forte propension que les autres à avoir un intérêt très fort pour le partenariat et une faible propension à être faiblement intéressée et les entreprises en bonne situation financière qui semblent avoir une propension moins élevée que les autres à être fortement intéressées par la coopération, aucune singularité véritable ne se dégage.

On observera en revanche une répartition des entreprises suivant leur intérêt pour le partenariat et leur passé de coopération un peu plus régulière. Globalement, on observera une relation inverse apparente (et non absolue) entre le passé de coopération et le degré d’intérêt pour le partenariat : les entreprises qui n’ont pas de passé coopératif semblent avoir une moins forte propension à être intéressées par le partenariat et inversement. Certaines spécificités subsistent pourtant dans la répartition : par exemple, six entreprises déclarant avoir déjà engagées des relations partenariales avec d’autres entreprises ne semblent que modérément intéressées par la coopération inter-entreprises comme si leur(s) expérience(s) antérieure(s) ne les avaient pas véritablement convaincus des potentialités offertes par ce type d’organisation. A contrario, trois entreprises n’ayant aucun passif coopératif déclarent éprouver un intérêt très fort pour le partenariat : dès lors, on peut légitimement se demander si les déclarations de ces trois entreprises ne relèvent pas plus d’une simple posture ou alors sont révélatrices de difficultés à mettre en oeuvre de manière opérationnelle la coopération. On peut observer que 9 entreprises fortement ancrées sur le territoire et 7 très fortement ancrées déclarent ne pas avoir engagé de relations inter-entreprises par le passé. A contrario, 3 entreprises déclarant avoir déjà été engagées dans un mouvement coopératif sont faiblement ancrées sur le territoire. Il ne semble donc pas exister de relation particulière entre le développement de partenariats inter-entreprises et le niveau d’ancrage territorial des entreprises sur le territoire.

Des groupements d’entreprises qui se dessinent pour une coopération inter-entreprises :
Les entretiens avec les chefs d’entreprise ont fait apparaître deux éléments essentiels :
.. L’échantillon d’entreprises que nous avons sondé, même s’il n’est pas statiquement représentatif de l’ensemble des entreprises du CBE du Sud Val-de-marnais, nous révèle qu’une majorité des entreprises semblent plutôt réceptives à l’idée de développer des coopérations inter-entreprises ;
.. Trois grands types de groupements d’entreprises semblent potentiellement prêts à mettre en oeuvre un réseau formalisé de coopération ;
Les trois groupements identifiés sont les suivants :
i) Un groupement d’entreprises spécialisées dans la logistique ;
ii) Un groupement d’entreprises spécialisées dans la salaison ;
iii) Un groupement d’entreprises spécialisées dans la signalétique ;

Rapport final Maillage

La suite de l’étude du Maillage territorial inter-entreprises :
Suite à cette étude, courant 2004, le CBE a organisé différentes réunions qui ont permis de dégager dans un premier temps, l’intérêt pour les entreprises de mener une réflexion sur la recherche de main d’œuvre, particulièrement sur des périodes saisonnières, ou à temps partiel.
Le CBE s’est donc engagé dans la recherche d’entreprises désirant monter un groupement d’employeurs afin de répondre à ces besoins. Cette nouvelle structure devrait être montée sous forme associative fin 2005.

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